Fougère aigle, peste ou alliée au jardin : méthodes d’élimination de cette plante très envahissante

Faut-il conserver la fougère aigle pour divers usages ou se débarrasser de cette peste végétale. Comment lutter efficacement ?

Pteridium aquilinum… la fougère aigle ! Voilà une plante bien problématique. Extrêmement colonisatrice, très résistante aux désherbants et débroussaillants classiques, la fougère aigle fait souvent l’objet de discussions controversées dans les forums consacrés au jardin.

Le plus terrible est que tous les arguments avancés pour ou contre le maintien de la plante sont justes, sauf que tout est question de surface de terrain, d’objectifs de gestion de ce terrain, de région et de temps consacré à l’entretien des surfaces.

Une fougère au potentiel incroyable

 

Au milieu des broussailles, le pétiole (tige) qui soutient la feuille de la fougère aigle peut atteindre 3 mètres de haut. Dans un pré piétiné, il peut mesurer seulement 2 ou 3 centimètres.

La fougère aigle possède des rhizomes qui se ramifient dichotomiquement et s’émancipent facilement pour former de nouveaux pieds. Ce rhizome ligneux est souterrain et traçant. C’est pourquoi cette fougère envahit l’espace où son rhizome, enterré à environ 20 cm de la surface, peut cheminer sans obstacles.

La fougère aigle s’installe très vite sur les terrains ouverts par défrichement, labour ou incendie. Les rhizomes intacts lui permettent de reprendre immédiatement possession des terrains nouvellement découverts. Un travaille du sol favorise la multiplication des morceaux de rhizomes don de pieds. Une fois installée, elle ne se détruit que difficilement.

Très grégaire l’espèce est fréquente en lieux secs et ouverts.

Les atouts de la fougère aigle… à quoi peut-elle servir

Lors de promenade dans les Landes, en Corrèze ou dans les Cévennes, dans des secteurs envahis de fougères aigles, vous aurez peut-être remarqué à quel point les fougères mortes forment un tapis dense sur lequel rien ne pousse ou presque.

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C’est le premier atout de cette fougère : en la coupant et la broyant, vous obtenez un mulch parfait pour étaler en épaisses couches entre les arbustes, dans les massifs. Dessous, l’humidité des pluies et arrosages se conserve longtemps. Dessus, pas de mauvaises herbes. Les graines ont beaucoup de mal à germer.

Le deuxième atout est que la plante, sèche, puis se décompose sur plusieurs années. Couper des feuilles avec leur tige, près du sol, les faire sécher et les conserver ainsi jusqu’à la fin de l’automne, c’est se constituer une réserve d’un excellent matériaux isolant. Vous l’utiliserez en en regroupant plusieurs feuilles entrelacées au pied des plantes fragiles pour isoler leurs racines et leur collet du froid.

Classiquement, la fougère aigle plus ou moins sèche fut toujours utilisée comme litière pour le bétail. Bon à savoir si vous avez moutons ou chèvres chez vous.

 

Bien contrôlée, la fougère aigle en  faible densité constitue une jolie plante sous des résineux par exemple.

Les méfaits de la fougère aigle

Cette plante peut devenir une véritable peste végétale et les atouts cités ci-dessus, se transforment vite en véritables contraintes. Ne l’introduisez jamais dans votre jardin !

Extrêmement envahissante elle inhibe la croissance d’autres plantes qu’elle finit par tuer, sauf les ronces et églantiers avec lesquels elle finit même par former un fouillis inextricable de deux à trois mètres de haut, impénétrable. Elle « stérilise » le milieu.

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En grande quantité, elle forme un paysage monotone, laid en hiver.

En se décomposant ses feuilles acidifient le sol, ce qui est un gros inconvénient dans des terrains à pH déjà bien acide (5,5 ou moins).

Les rhizomes infiltrent les joints de pierres, dans les murs, et passent chez les voisins…

 

Ses feuilles sèches, abondantes, s’accumulant sur le sol, constituent un grave danger en cas d’incendie : forte inflammabilité et grande combustibilité.

Pour s’en débarrasser, la persévérance de l’arrachage minutieux

La tondre ou la couper ne sert à rien, sauf à le faire chaque semaine pendant plusieurs années peut-être.

Pratiquer un arrachage manuel systématique et permanent jusqu’à disparition de la fougère peut se faire sur une saison.

Le rhizome, solidement ancré dans le sol sur de grandes longueurs, ne s’extrait que rarement en même temps que la feuille. Pour se donner quelques chances, il faut procéder à l’arrachage quand le sol est humide et que la feuille est suffisamment solide. La technique est pénible, surtout au début, car l’arrachage est difficile, les feuilles peuvent être coupantes.

Quelques jours après le premier arrachage, de nouvelles frondes apparaissent. Il faut les écraser ou les casser sans en oublier une seule, si petite soit-elle. Renouveler l’opération quelques jours plus tard et ainsi de suite.

C’est au prix d’une persévérance sans faille que l’on se donne toutes les chances de se débarrasser de la fougère.

Radical et très efficace, l’herbicide sélectif

Le produit Asulox (Bayer) est très étudié et malheureusement reste incontournable sur de grandes surfaces. D’une très grande efficacité, il n’élimine que la fougère aigle, ou presque, ce qui minimise véritablement son impact sur l’environnement. Vous pouvez l’acheter dans toute bonne coopérative agricole (parfois sur commande).

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Ce désherbant est un peu déroutant. En effet, il n’a pas de conséquences immédiates et visibles sur les fougères. Absorbé surtout par le feuillage, le produit descend vers les parties souterraines et bloque la multiplication des tissus jeunes. L’action en profondeur d’Asulox se manifeste lentement sur les feuilles à maturité. Les effets ne se manifesteront pas avant le printemps suivant le traitement, lors de l’émergence de nouvelles frondes qui seront peu nombreuses et jaunâtres; elles ne tarderont pas à se dessécher sans se développer.Un conseil : au printemps, lorsque les feuilles sont bien développées, débroussaillez entièrement la surface. Laissez repousser les frondes normalement et traitez. Premier avantage est que les frondes sont moins hautes, plus régulières donc plus faciles à traiter. Le produit atteint aussi la tige verte de la feuille. Deuxième avantage, et pas des moindres, on utilise moins de produit, donc moins de frais et moins de « pollution ». Attendez au minimum 6 semaines avant de couper les feuilles des fougères ou de travailler sur la surface traitée, mais le mieux est vraiment de ne rien faire jusqu’à l’automne.

Le saviez-vous : en coupant un pétiole (tige) de feuille de cette fougère, on peut deviner sur la section de coupe transversale une forme grossière d’aigle, d’où le nom donné à ce Ptéridium.

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