Vie des insectes : la ruche et ses abeilles

Au royaume du miel, les rôles entre reine et ouvrières, entre mâles et femelles sont bien définis. Découvrez comment leur société est organisée.

Les abeilles et leur miel, appréciés voire vénérés en raison de leurs qualités nourricières et médicinales, ont marqué toutes les époques et toutes les cultures. Ils sont également présents dans la symbolique divine, quelles que soient les religions.

Histoire des abeilles et de l’apiculture

Les abeilles sont apparues bien avant les êtres humains, à l’époque de la formation des Alpes, il y a environ 50 à 60 millions d’années. A la même époque se développaient les plantes angiospermes, c’est-à-dire celles qui requièrent une pollinisation pour leur fécondation.

On retrouve les premières traces d’hommes « cueilleurs » de miel en Espagne, sur une peinture rupestre de la « grotte de l’Araignée ». Dans l’Égypte ancienne, le miel constituait une offrande sacrée ainsi qu’un ingrédient très prisé pour les remèdes. La Bible puis le Coran (sourate an-Nahl) firent plusieurs fois référence aux abeilles.

Dans la Grèce et la Rome antiques, l’abeille et le miel occupaient une place importante. On les retrouve mentionnés dans des œuvres d’Aristote, d’Hippocrate, de Dioscorides, d’Ambroise de Milan, de Pline l’Ancien et de Virgile.

En Cappadoce, les Hittites maîtrisaient l’élevage des abeilles dès le milieu du deuxième millénaire. L’abeille continua d’être étudiée au cours de l’histoire et jusqu’à nos jours. Réaumur en fit une étude approfondie au cours du XVIIIe siècle. Puis c’est au XIXe siècle que l’apiculture mobile se développa.

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Apis Mellifera et l’organisation de la ruche

L’Asie du Sud-Est serait le berceau originel des abeilles, dont il existe neuf grandes espèces dans le monde. La majorité ne produisent pas de miel. Les plus adaptées à l’apiculture sont celles de la branche Apis mellifera. Elles ont peuplé l’Europe et l’Afrique via le Moyen-Orient puis ont été introduites en Australie et aux Amériques par les colons européens.

Les abeilles font partie de l’ordre des hyménoptères, comme les guêpes, c’est-à-dire que leurs ailes sont couplées par paires. Mais contrairement aux guêpes, ce sont des insectes sociaux qui vivent en colonies solidaires, organisées de façon matriarcale. Et ce sont de grandes travailleuses, exclusivement végétaliennes. Elles ne peuvent subsister isolément ; leurs rôles sont complémentaires. Dans une ruche, on trouve :

  • une reine unique,
  • environ 1000 à 2000 mâles (ou faux bourdons)
  • 30 000 à 60 000 ouvrières en moyenne

La reine des abeilles

La reine est de plus grande taille que les autres abeilles. Sa longévité est de 3 à 6 ans.

C’est la seule abeille féconde de la ruche. La reproduction est son unique fonction. Elle pond entre 1500 et 2000 œufs par jour, de février à octobre.

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La taille des cellules (alvéoles) où elle dépose ses œufs détermine le sexe des futures abeilles. Dans les plus petites, elle compresse son abdomen, déclenchant la fécondation de l’œuf. Les œufs fécondés donnent naissance à des ouvrières, ceux non fécondés à des mâles.

Si les circonstances l’exigent, une nouvelle reine est engendrée : une larve, initialement identique aux autres, reçoit une nourriture privilégiée, constituée de gelée royale (les autres sont nourries d’un amalgame d’eau et de miel). Cette nourriture a une incidence sur son développement. De plus, la larve de la future reine est logée dans une alvéole spéciale.

Les abeilles ouvrières

Les ouvrières, contrairement à la reine, sont stériles. Elles vivent entre 30 et 45 jours, voire plus en hiver.

Elles possèdent des glandes pharyngiennes et salivaires dont les mâles et la reine sont dépourvus. Ces glandes sécrètent la précieuse gelée royale, un produit très nourricier.

Elles consacrent tout leur temps au travail pour la ruche :

  • elles tiennent un rôle de nourrices pour l’ensemble des larves,
  • nourrissent la reine avec la gelée royale et lui prodiguent leurs soins,
  • entretiennent la ruche, la ventilent et la gardent propre,
  • produisent de la cire pour fabriquer les rayons qui serviront à stocker le miel et à abriter les œufs puis les larves,
  • défendent la ruche contre les intrusions,
  • collectent, à partir du 18ème jour de leur existence, les nectars, miellats, pollens et résines qui leur permettront d’élaborer le miel, le pollen, la propolis, la gelée royale et la cire.
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Les abeilles mâles

Les mâles, appelés faux bourdons, vivent 3 mois environ. Ils sont moins longs que la reine mais plus gros et trapus.

Leur unique rôle est la fécondation : vers le dixième jour de leur existence, ils s’accouplent en vol avec de jeunes reines. Ceux qui y parviennent ne survivent pas : leurs organes génitaux sont arrachés à la fin de l’accouplement.

Ils ne participent pas au travail de la ruche. Ils se nourrissent du miel préparé par les ouvrières au printemps et en été.

A l’arrivée de l’automne, ils sont chassés de la ruche et périssent ainsi de faim et de froid.

Si la ruche vient à abriter trop d’habitants, trop de miel ou trop de couvain, alors la reine procède à l’essaimage. Elle quitte la ruche avec des milliers d’ouvrières et quelques éclaireuses, afin d’élire domicile sur un nouveau territoire. Au préalable, dans la ruche d’origine, elle a pondu quelques œufs parmi lesquels émergera une nouvelle reine.